Analyse 1
Comprendre les nombres réels, les suites, les limites et les premières notions de continuité.
APPROFONDI
Objectifs d’apprentissage
- Manipuler intervalles, valeur absolue, bornes et propriété de la borne supérieure dans $\mathbb R$.
- Définir et démontrer la convergence de suites par calcul, comparaison, encadrement ou monotonie.
- Calculer des limites de suites et de fonctions en identifiant les formes indéterminées et les transformations légitimes.
- Utiliser la continuité et le théorème des valeurs intermédiaires pour établir existence et, avec une hypothèse supplémentaire, unicité.
- Rédiger une démonstration d’analyse lisible, avec quantificateurs, hypothèses, unités de tolérance et vérification des erreurs.
Prérequis utiles
- Calcul algébrique réel : fractions, puissances, racines, valeur absolue et résolution d’inégalités.
- Notions élémentaires de logique, quantificateurs, implication, récurrence et raisonnement par l’absurde.
- Fonctions usuelles et lecture de graphiques : polynômes, exponentielle, logarithme, sinus et cosinus.
Les nombres réels et les bornes
Définitions et méthode
Un intervalle décrit une partie de R par des inégalités ; une borne supérieure de A est un nombre plus grand ou égal à tous les éléments de A, et supA est la plus petite de ces bornes. La propriété de la borne supérieure affirme que toute partie non vide de R majorée possède un supremum. Elle distingue la complétude de R de celle de Q. Pour raisonner, traduire d’abord l’énoncé en inégalités, puis vérifier non-vacuité et majoration.
Exemple guidé
Pour A={x∈R∣x2<2}, on obtient A=(−2,2). Les majorants sont [2,+∞[ ; le plus petit est donc supA=2. De même, infA=−2. Les bornes ne sont pas nécessairement dans A : ici A est ouvert.
Erreurs et contrôle
Ne pas confondre maximum et supremum, ni écrire supA∈A sans preuve. Point de contrôle : déterminer l’infimum et le minimum de B=]0,3] : ils valent respectivement 0 et 3.
- La borne supérieure est la plus petite des majorations.
- Un supremum peut ne pas appartenir à l’ensemble.
- Les intervalles traduisent directement des inégalités et leurs bornes.
Un intervalle décrit une partie de par des inégalités ; une borne supérieure de est un nombre plus grand ou égal à tous les éléments de , et est la plus petite de ces bornes.
Dossier complet — Analyse 1
L1 · S1 · Mathématiques fondamentales
Dossier pédagogique original Matrice MI. Contenu d’entraînement non officiel; il ne remplace pas le support ou la maquette d’un établissement.
Objectifs d’apprentissage
-
Manipuler intervalles, valeur absolue, bornes et propriété de la borne supérieure dans R.
-
Définir et démontrer la convergence de suites par calcul, comparaison, encadrement ou monotonie.
-
Calculer des limites de suites et de fonctions en identifiant les formes indéterminées et les transformations légitimes.
-
Utiliser la continuité et le théorème des valeurs intermédiaires pour établir existence et, avec une hypothèse supplémentaire, unicité.
-
Rédiger une démonstration d’analyse lisible, avec quantificateurs, hypothèses, unités de tolérance et vérification des erreurs.
Prérequis
-
Calcul algébrique réel : fractions, puissances, racines, valeur absolue et résolution d’inégalités.
-
Notions élémentaires de logique, quantificateurs, implication, récurrence et raisonnement par l’absurde.
-
Fonctions usuelles et lecture de graphiques : polynômes, exponentielle, logarithme, sinus et cosinus.
Cours
1. Les nombres réels et les bornes
Définitions et méthode
Un intervalle décrit une partie de R par des inégalités ; une borne supérieure de A est un nombre plus grand ou égal à tous les éléments de A, et supA est la plus petite de ces bornes. La propriété de la borne supérieure affirme que toute partie non vide de R majorée possède un supremum. Elle distingue la complétude de R de celle de Q. Pour raisonner, traduire d’abord l’énoncé en inégalités, puis vérifier non-vacuité et majoration.
Exemple guidé
Pour A={x∈R∣x2<2}, on obtient A=(−2,2). Les majorants sont [2,+∞[ ; le plus petit est donc supA=2. De même, infA=−2. Les bornes ne sont pas nécessairement dans A : ici A est ouvert.
Erreurs et contrôle
Ne pas confondre maximum et supremum, ni écrire supA∈A sans preuve. Point de contrôle : déterminer l’infimum et le minimum de B=]0,3] : ils valent respectivement 0 et 3.
Points-clés
- La borne supérieure est la plus petite des majorations.
- Un supremum peut ne pas appartenir à l’ensemble.
- Les intervalles traduisent directement des inégalités et leurs bornes.
2. Suites et convergence
Définition et propriétés
Une suite réelle (un) converge vers ℓ si ∀ε>0, il existe N tel que n≥N implique ∣un−ℓ∣<ε. La limite est unique. Les opérations usuelles sont valables lorsque les limites existent ; une suite croissante et majorée converge, avec limite égale à son supremum. Le théorème des gendarmes est efficace lorsqu’une quantité est encadrée par deux suites de même limite.
Exemple guidé
Posons un=(2n+1)/(n+3). En divisant numérateur et dénominateur par n, un=(2+1/n)/(1+3/n)→2. Pour une preuve quantitative, ∣un−2∣=5/(n+3). Si l’on veut une erreur <ε, il suffit de choisir N>5/ε−3. La définition est donc vérifiée.
Limites et contrôle
Une suite bornée n’est pas forcément convergente : (−1)n est un contre-exemple. Ne pas conclure à partir de quelques termes. Point de contrôle : montrer par encadrement que n2+1−n→0, en rationalisant pour obtenir 1/(n2+1+n).
Points-clés
- La définition de convergence utilise deux quantificateurs.
- Monotonie et bornitude donnent un critère pratique.
- Le gendarme et la rationalisation évitent des calculs trompeurs.
3. Continuité
Définitions et méthode
Une fonction f est continue en a si limx→af(x)=f(a) ; elle est continue sur un intervalle si elle l’est en chaque point. Les polynômes et fonctions rationnelles sur leur domaine sont continues, et les compositions préservent la continuité. Le théorème des valeurs intermédiaires garantit qu’une fonction continue sur [a,b] prend toute valeur entre f(a) et f(b).
Exemple guidé
Pour f(x)=x3−x−1, on a f(1)=−1 et f(2)=5. Comme f est continue, il existe c∈(1,2) tel que f(c)=0. Pour localiser cette racine, f(1,2)=−0,472 et f(1,3)=−0,103, tandis que f(1,4)=0,344 : la racine est dans (1,3,1,4).
Limites et contrôle
Le théorème garantit l’existence. L’unicité vient ici de la stricte croissance, car f′(x)=3x2−1>0 sur [1,2]. Point de contrôle : justifier une solution de cosx=x sur [0,1] avec g(x)=cosx−x.
Points-clés
- La continuité relie limite locale et valeur au point.
- Le théorème des valeurs intermédiaires donne une existence.
- L’unicité demande une information supplémentaire comme la monotonie.
4. Limites de fonctions
Définitions et méthode
La limite limx→af(x)=L signifie que les valeurs de f(x) sont proches de L lorsque x est proche de a, sans imposer x=a. On peut utiliser les règles algébriques, la comparaison, les limites usuelles et les équivalents. Pour une forme indéterminée comme 0/0, factoriser, rationaliser ou mettre en évidence un équivalent ; substituer directement n’est pas une démonstration.
Exemple guidé
Calculons limx→1(x2−1)/(x−1). Pour x=1, x2−1=(x−1)(x+1), donc le quotient vaut x+1. Sa limite est alors 2. La fonction initiale n’est pas définie en 1, mais cela n’empêche pas l’existence de la limite. On pourrait la prolonger par continuité en posant f(1)=2.
Limites et contrôle
Une limite à gauche peut différer de celle à droite ; il faut les comparer. Point de contrôle : étudier limx→0sinx/x à l’aide de l’encadrement cosx≤sinx/x≤1 pour x>0, puis conclure par parité.
Points-clés
- Une limite ne dépend pas nécessairement de la valeur au point.
- Les formes indéterminées exigent une transformation justifiée.
- Les limites latérales doivent coïncider pour une limite bilatérale.
5. Méthodes de preuve et synthèse
Définitions et méthode
Une démonstration d’analyse doit expliciter hypothèses, quantificateurs et implication logique. Les outils centraux sont le raisonnement par contraposée, l’absurde, l’encadrement, la récurrence et la caractérisation séquentielle de la continuité. Pour une convergence, choisir une estimation qui tend vers zéro ; pour une continuité, ramener la différence ∣f(x)−f(a)∣ à une quantité contrôlée par ∣x−a∣.
Exemple guidé
Montrons que un=1/n→0. Soit ε>0. Choisir N>1/ε. Pour n≥N, ∣un−0∣=1/n≤1/N<ε. La preuve respecte l’ordre « pour tout epsilon, il existe un rang ». Elle ne repose pas sur un dessin ni sur des valeurs numériques.
Limites et contrôle
Un raisonnement du type « les termes deviennent petits » est intuitif mais incomplet. Vérifier aussi les indices, le signe des dénominateurs et les hypothèses des théorèmes. Point de contrôle : rédiger en quatre lignes une preuve que si un→ℓ et vn→m, alors un+vn→ℓ+m, en utilisant l’inégalité triangulaire.
Points-clés
- Une preuve complète rend visibles hypothèses et quantificateurs.
- L’inégalité triangulaire répartit une tolérance entre plusieurs erreurs.
- Chaque théorème doit être appliqué avec ses hypothèses vérifiées.
6. Dérivation, variations et théorème des accroissements finis
Cours magistral
Définitions et principes
Soit f définie sur un intervalle ouvert contenant a. La dérivée de f en a est la limite, si elle existe, du taux d’accroissement hf(a+h)−f(a) quand h→0. Elle représente la pente de la tangente et fournit l’approximation locale f(a+h)=f(a)+f′(a)h+o(h). Cette formule exige la dérivabilité en a ; une fonction peut être continue sans être dérivable, comme ∣x∣ en zéro.
Les règles de dérivation se déduisent de la définition : somme, produit et quotient (avec dénominateur non nul), puis composition par la règle de la chaîne. Sur un intervalle, si f′(x)>0 partout, f est strictement croissante ; si f′(x)<0, elle est strictement décroissante. Le théorème des accroissements finis (TAF) demande que f soit continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[. Il donne un c∈]a,b[ tel que f(b)−f(a)=f′(c)(b−a). Il se justifie en appliquant le théorème de Rolle à la fonction qui soustrait la droite joignant les deux extrémités.
Développement raisonné
Le TAF transforme une information locale en estimation globale. Si ∣f′∣≤M sur l’intervalle, alors ∣f(b)−f(a)∣≤M∣b−a∣. Cette inégalité explique pourquoi une dérivée bornée contrôle les erreurs d’approximation et permet aussi d’établir l’unicité d’une solution lorsque la dérivée garde un signe strict. Elle permet également de montrer qu’une fonction lipschitzienne est uniformément continue : une même constante contrôle toutes les positions de l’intervalle. Pour chercher des extrema sur un segment, on examine les points critiques (f′=0 ou dérivée inexistante) et les extrémités, puis on compare les valeurs. Un tableau de signes évite de confondre le signe de la dérivée avec celui de la fonction et rend la conclusion vérifiable. La méthode s’applique aussi à une fonction définie par morceaux, à condition d’étudier séparément les points de raccord et de tester la dérivabilité qui y est annoncée.
Exemple résolu
Étudions f(x)=x3−3x+1 sur [−2,2]. D’abord, f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1). Les points critiques sont −1 et 1. Le signe est positif sur [−2,−1[, négatif sur ]−1,1[, puis positif sur ]1,2]. Ainsi f croît, décroît, puis croît. On calcule f(−2)=−1, f(−1)=3, f(1)=−1 et f(2)=3. Le maximum vaut donc 3, atteint en −1 et 2 ; le minimum vaut −1, atteint en −2 et 1.
Erreurs fréquentes
Confondre continuité et dérivabilité, oublier de vérifier les hypothèses du TAF, ou conclure à un extremum parce que f′(a)=0 sans étudier le signe ou les valeurs voisines. Une dérivée nulle peut correspondre à un point d’inflexion.
À retenir
La dérivée décrit la variation locale, tandis que le TAF la relie aux variations entre deux points. Une étude complète combine domaine, dérivée, signe, points critiques et bornes du segment.
Points-clés
- La dérivée est la limite d’un taux d’accroissement et donne une approximation locale.
- Le TAF exige la continuité sur le segment et la dérivabilité à l’intérieur.
- Le signe de la dérivée détermine les variations, mais les extrema se vérifient par comparaison.
7. Développements limités et approximation contrôlée
Cours magistral
Définitions et principes
Au voisinage de a, un développement limité d’ordre n écrit une fonction sous la forme f(a+h)=Pn(h)+o(hn), où Pn est un polynôme de degré au plus n. Si f est n fois dérivable en a, la formule de Taylor-Young donne Pn(h)=∑k=0nk!f(k)(a)hk. Le symbole o(hn) signifie que le quotient du reste par hn tend vers zéro ; il ne signifie pas que le reste est exactement nul.
Pour une erreur chiffrée, la formule de Taylor avec reste de Lagrange demande que f soit n+1 fois dérivable entre a et a+h. Il existe alors ξ entre ces deux points tel que Rn(h)=(n+1)!f(n+1)(ξ)hn+1. Une majoration de ∣f(n+1)∣ sur l’intervalle donne donc une borne de l’erreur. Le choix de l’ordre dépend de la précision souhaitée et de la taille de h.
Développement raisonné
Les formules usuelles se retrouvent par dérivation : eh=1+h+h2/2+o(h2), sinh=h−h3/6+o(h3) et ln(1+h)=h−h2/2+o(h2). On peut additionner, multiplier ou composer des développements si les ordres conservés sont cohérents. Pour une limite, on garde le premier terme non nul ; pour une approximation numérique, on conserve assez de termes et on contrôle le reste. Cette méthode révèle aussi la nature d’un point stationnaire : si les premiers coefficients s’annulent, le premier terme non nul gouverne le signe local. Elle est donc utile pour comparer deux fonctions, déterminer une équivalence et justifier une simplification qui serait fausse par simple substitution. L’écriture des puissances restantes est importante : un terme d’ordre trois devient négligeable devant un terme d’ordre deux, mais pas devant zéro sans précision supplémentaire. Cette distinction protège contre les conclusions trop rapides lors d’une limite.
Exemple résolu
Approximons ln(1,1) à l’ordre deux. Avec h=0,1, le développement en zéro donne ln(1+h)=h−h2/2+R2(h). La valeur polynomiale est donc 0,1−0,01/2=0,095. Pour contrôler le reste, f(3)(x)=2/(1+x)3. Sur [0,0,1], on a ∣f(3)(x)∣≤2, d’où ∣R2(0,1)∣≤2(0,1)3/6=0,000333…. La valeur exacte est ainsi dans [0,094667,0,095333] ; l’approximation respecte une erreur inférieure à 3,34×10−4.
Exemple d’application : approcher une racine
Pour estimer 4,1, on développe f(x)=x autour de a=4. On a f(4)=2 et f′(4)=1/4, donc l’approximation linéaire vaut 2+(4,1−4)/4=2,025. Pour borner l’erreur, f′′(x)=−1/(4x3/2). Sur [4,4,1], ∣f′′(x)∣≤1/32; le reste de Taylor d’ordre un est donc inférieur à (1/32)(0,1)2/2=0,00015625. Ainsi la valeur réelle appartient à [2,02484375,2,02515625]; calculée plus précisément, elle vaut environ 2,024846. L’approximation est utile et sa précision est justifiée par une borne, pas seulement par l’affichage d’une calculatrice.
Erreurs fréquentes
Employer un développement autour de zéro pour une valeur éloignée sans estimer le reste, oublier le factoriel, confondre ordre deux et deux termes non nuls, ou remplacer o(hn) par une égalité numérique exacte. Il faut aussi vérifier l’intervalle où les dérivées sont bornées.
À retenir
Un développement limité est une égalité asymptotique structurée : le polynôme décrit le comportement local et le reste mesure la précision. Taylor-Lagrange permet de passer d’une approximation formelle à une garantie quantitative.
Points-clés
- Le développement limité sépare un polynôme local et un reste asymptotique.
- Taylor-Lagrange fournit une borne numérique si la dérivée d’ordre suivant est contrôlée.
- L’ordre retenu doit être adapté à la précision et à la distance au point de développement.
8. Intégrale, sommes de Riemann et théorème fondamental
Cours magistral
Définitions et principes
Une fonction bornée f sur [a,b] est intégrable au sens de Riemann lorsque les sommes inférieures et supérieures associées aux subdivisions peuvent être rendues arbitrairement proches. Intuitivement, une somme ∑f(xk)Δxk additionne des rectangles dont la largeur est Δxk ; quand le pas tend vers zéro, elle converge vers ∫abf(x)dx. La continuité sur [a,b] est une condition suffisante d’intégrabilité, mais elle n’est pas nécessaire dans toute la théorie.
L’intégrale est linéaire et respecte l’ordre : si f≤g, alors ∫abf≤∫abg. Elle vérifie aussi l’additivité par découpage, ∫abf=∫acf+∫cbf. Le théorème fondamental affirme que, si f est continue, F(x)=∫axf(t)dt est dérivable et F′(x)=f(x). Par conséquent, si G′=f, alors ∫abf(x)dx=G(b)−G(a). La continuité garantit ici l’hypothèse nécessaire ; sans elle, il faut un cadre plus prudent.
Développement raisonné
La formule de primitive se justifie en interprétant F(x+h)−F(x) comme l’intégrale sur un petit intervalle. La continuité impose que f(t) soit proche de f(x) sur cet intervalle ; en divisant par h, le taux moyen tend vers f(x). Cette justification explique aussi pourquoi un changement de variable doit transformer simultanément l’expression et les bornes, afin de conserver exactement la contribution de chaque petit intervalle. Pour une application, on cherche donc une primitive, on respecte les bornes et on contrôle le signe ou l’unité de l’aire obtenue. Une estimation par encadrement constitue un contrôle supplémentaire lorsque le calcul symbolique est long. Dans une interprétation géométrique, on peut aussi comparer l’intégrale à des rectangles ou à une valeur maximale multipliée par la longueur du segment. Ces contrôles sont particulièrement utiles pour détecter une primitive mal dérivée.
Exemple résolu
Calculons I=∫01(3x2+2x)dx. Le polynôme est continu, donc intégrable. Une primitive est G(x)=x3+x2, car G′(x)=3x2+2x. Le théorème fondamental donne ensuite I=G(1)−G(0)=(1+1)−0=2. Vérification indépendante : sur [0,1], l’intégrande est positive, donc l’intégrale doit être positive ; de plus 3x2+2x≤5, ainsi I≤5, ce qui est compatible avec 2.
Erreurs fréquentes
Oublier la constante uniquement lors d’une primitive indéfinie, mais l’ajouter inutilement dans une intégrale définie, inverser les bornes, ou confondre une intégrale signée avec une aire géométrique. Une fonction négative produit une intégrale négative, sauf si l’on prend explicitement une aire par valeur absolue.
À retenir
L’intégrale est une limite de sommes et un opérateur d’accumulation. Pour une fonction continue, primitive et intégrale sont reliées par le théorème fondamental ; les bornes, le signe et les hypothèses doivent toujours être vérifiés.
Points-clés
- La somme de Riemann formalise l’accumulation de contributions sur une subdivision.
- Une fonction continue sur un segment est intégrable.
- Le théorème fondamental transforme une intégrale en différence de valeurs d’une primitive.
- Le signe et l’orientation des bornes distinguent intégrale et aire géométrique.
9. Séries numériques et critères de convergence
Cours magistral
Définitions et principes
Une série numérique ∑n=0∞an n’est pas une addition informelle : on définit ses sommes partielles SN=∑n=0Nan. La série converge si (SN) possède une limite finie, appelée somme. Une condition nécessaire est an→0, mais elle ne suffit pas, comme le montre la série harmonique ∑1/n. Une série converge absolument lorsque ∑∣an∣ converge ; cette propriété entraîne la convergence de la série initiale.
Les séries géométriques sont centrales : ∑n=0∞qn converge exactement lorsque ∣q∣<1 et vaut 1/(1−q). Le critère de comparaison s’applique aux termes positifs : si 0≤an≤bn et si ∑bn converge, alors ∑an converge. Le critère du rapport est utile quand an=0 à partir d’un certain rang : si lim∣an+1/an∣=L<1, la série converge absolument ; si L>1, elle diverge, et le cas L=1 ne permet pas de conclure.
Développement raisonné
La convergence d’une série est donc une question de limite de suite. Pour une estimation de reste, si les termes sont positifs et décroissants, le reste après N termes est encadré par des intégrales ; pour une série géométrique, le calcul est exact. Une série alternée dont les amplitudes décroissent vers zéro converge également, et son reste est au plus le premier terme oublié, mais elle ne converge pas nécessairement absolument. Il faut commencer par vérifier que le terme général tend vers zéro, puis choisir un critère adapté à sa structure : puissance, quotient, comparaison ou alternance. Cette organisation évite d’appliquer mécaniquement un test hors de son domaine. Dans tous les cas, une conclusion de divergence doit être attachée à un argument précis : terme général non nul, comparaison avec une série divergente ou comportement des sommes partielles.
Exemple résolu
Calculons ∑n=1∞2nn. Posons G(q)=∑n=0∞qn=1/(1−q) pour ∣q∣<1. Comme cette série converge uniformément sur tout intervalle fermé contenu dans ]−1,1[, on peut dériver terme à terme : G′(q)=∑n=1∞nqn−1=1/(1−q)2. En multipliant par q, on obtient ∑n=1∞nqn=q/(1−q)2. Pour q=1/2, la somme vaut (1/2)/(1/2)2=2. Le rapport des termes vaut 2nn+1→1/2, ce qui confirme la convergence absolue.
Erreurs fréquentes
Conclure parce que an→0, appliquer le critère du rapport quand la limite vaut un, ou décaler l’indice sans modifier correctement le premier terme. La dérivation terme à terme exige aussi des hypothèses de convergence, pas seulement une intuition formelle.
À retenir
Une série converge par convergence de ses sommes partielles. Le terme général est un test préalable, jamais une preuve suffisante ; les critères doivent être choisis selon la forme des termes et leurs hypothèses.
Points-clés
- La série est la limite de ses sommes partielles, et non une addition infinie spontanée.
- ano0 est nécessaire mais non suffisant.
- La comparaison et le critère du rapport donnent la convergence absolue sous des hypothèses précises.
- La série géométrique fournit une référence et une somme explicite.
Exercices corrigés
Exercice 1 · Fondamental
Soit A=]−2,5]. Déterminer son infimum, son minimum, son supremum et son maximum, en justifiant chaque réponse.
Correction détaillée
On a −2<x≤5. Toute valeur de A est supérieure ou égale à −2, donc −2 est une borne inférieure ; aucune valeur n’est égale à −2, donc il n’y a pas de minimum. Toute valeur est inférieure ou égale à 5, et 5∈A : supA=maxA=5. Ainsi infA=−2, sans minimum, et supA=5, avec maximum 5.
Exercice 2 · Fondamental
Étudier la convergence de un=n2+3n−n et calculer sa limite. Justifie la démarche étape par étape, puis vérifie le résultat par une propriété ou une substitution adaptée.
Correction détaillée
On rationalise : u_n=rac{3n}{\sqrt{n^2+3n}+n}=rac{3}{\sqrt{1+3/n}+1}. Comme 3/no0, le dénominateur tend vers 2. Par les règles de limite, uno3/2. Cette transformation évite la forme indéterminée +∞−∞ et conserve l’égalité pour tout n≥1.
Exercice 3 · Intermédiaire
On définit u0=0 et u_{n+1}=rac12u_n+1. Montrer que (un) converge et déterminer sa limite.
Correction détaillée
On prouve par récurrence que 0≤un≤2. C’est vrai pour u0 ; si 0≤un≤2, alors 1≤un+1≤2. De plus un+1−un=1−un/2≥0, donc la suite est croissante. Elle est majorée par 2, donc converge vers ℓ. En passant à la limite dans la relation, ℓ=ℓ/2+1, d’où ℓ=2.
Exercice 4 · Intermédiaire
Définir f(0) pour prolonger par continuité f(x)=rac{e^x-1}{x} sur R∗, puis justifier le choix.
Correction détaillée
On utilise le développement limité ex=1+x+o(x) au voisinage de 0. Alors ex−1=x+o(x) et, pour xe0, f(x)=1+o(1) ; ainsi limxo0f(x)=1. Il faut donc poser f(0)=1. La fonction prolongée est continue en 0 par définition de la continuité, et elle est continue ailleurs car quotient de fonctions continues avec dénominateur non nul.
Exercice 5 · Avancé
Soit f(x)=x3−2 sur [1,2]. Prouver l’existence et l’unicité de sa racine, puis donner un intervalle de longueur au plus 1/4 qui la contient par dichotomie.
Correction détaillée
f est continue, f(1)=−1 et f(2)=6 : le théorème des valeurs intermédiaires donne une racine. Comme f′(x)=3x2>0 sur [1,2], elle est strictement croissante, donc la racine est unique. Premier milieu : m1=1,5, f(m1)=1,375>0, donc la racine est dans [1,1,5]. Second milieu : m2=1,25, f(m2)=−0,046875<0, donc elle est dans [1,25,1,5], dont la longueur vaut 0,25.
Quiz d’autoévaluation
Question 1
Quelle propriété caractérise supA lorsque A est non vide et majorée ?
• C’est toujours un élément de A. ✓ C’est la plus petite des bornes supérieures. • C’est la moyenne des éléments de A. • C’est nécessairement un entier.
Explication : Le supremum est la borne supérieure minimale ; il peut être extérieur à A, comme pour un intervalle ouvert.
Question 2
Quelle condition définit la convergence de un vers ℓ ?
• \existsarepsilon>0\,orall N... ✓ orallarepsilon>0\,\exists N\,orall n\ge N: |u_n-\ell|<arepsilon • un=ℓ pour tout n • ∣un−ℓ∣ est constant
Explication : La convergence autorise une égalité approchée à partir d’un rang dépendant de toute tolérance positive.
Question 3
Quelle suite converge vers 0 ?
• (−1)n • n ✓ 1/n pour n≥1 • n/(n+1)
Explication : Pour 1/n, étant donné un epsilon positif, on choisit un rang supérieur à 1/arepsilon ; les autres suites ont une autre limite ou ne convergent pas.
Question 4
Que faut-il faire devant la forme 0/0 d’une limite ?
• Conclure que la limite vaut zéro. • Ignorer le dénominateur. ✓ Transformer l’expression par factorisation, rationalisation ou équivalent. • Remplacer automatiquement par l’infini.
Explication : 0/0 est indéterminée : une transformation justifiée est nécessaire pour révéler le comportement réel.
Question 5
Quel théorème garantit une solution de f(x)=0 entre a et b ?
✓ Le théorème des valeurs intermédiaires, si f est continue et change de signe. • Le théorème de Pythagore. • Le théorème de Rolle sans hypothèse. • La définition de supremum seule.
Explication : La continuité sur [a,b] et f(a)f(b)≤0 assurent l’existence d’un zéro dans l’intervalle.
Question 6
Pourquoi (−1)n ne converge-t-elle pas ?
• Elle est non définie. ✓ Elle alterne entre −1 et 1, donc ses sous-suites ont des limites différentes. • Elle est strictement croissante. • Elle tend vers 0.
Explication : Les termes pairs valent 1 et les termes impairs −1 ; une suite convergente ne peut avoir deux limites de sous-suites.
Question 7
Dans une preuve epsilon, que dépend de arepsilon ?
• La limite, toujours. ✓ Le rang N choisi. • Le domaine de la fonction. • La définition des réels.
Explication : Pour chaque tolérance, on peut choisir un rang suffisamment grand ; le rang peut varier avec epsilon.
Question 8
La continuité en a équivaut à quelle égalité ?
• f(a)=0 ✓ limxoaf(x)=f(a) • f′(a)=1 • limxoaf(x)=a
Explication : La continuité exige que la limite locale existe et coïncide avec la valeur effectivement attribuée au point.
Glossaire
- Borne supérieure — Nombre qui majore un ensemble ; le supremum est la plus petite de ces majorations.
- Valeur absolue — Distance d’un réel à zéro, notée ∣x∣, et outil central pour mesurer une erreur.
- Suite convergente — Suite dont les termes deviennent arbitrairement proches d’une unique limite à partir d’un certain rang.
- Limite — Valeur vers laquelle tend une suite ou une fonction selon une précision contrôlée.
- Équivalent — Relation f(x)∼g(x) lorsque f(x)/g(x)→1 dans une limite donnée.
- Continuité — Propriété selon laquelle la limite de f(x) en un point égale la valeur de f en ce point.
- Théorème des valeurs intermédiaires — Une fonction continue sur un intervalle prend toute valeur comprise entre ses valeurs aux extrémités.
- Dichotomie — Méthode itérative qui enferme une solution dans des intervalles deux fois plus courts à chaque étape.
TP · Mini-cas : certifier une approximation de racine
Une équipe doit estimer la solution positive de x3−2=0 pour calibrer un seuil numérique. Elle doit produire une approximation et une preuve d’encadrement, sans confondre précision affichée et précision démontrée.
Objectifs
-
Identifier un intervalle initial où le signe change.
-
Justifier existence et unicité à l’aide de continuité et monotonie.
-
Implémenter ou dérouler cinq étapes de dichotomie avec une tolérance fixée.
-
Contrôler l’erreur par la longueur de l’intervalle et le résidu ∣f(x)∣ .
Étapes
-
Définir f(x)=x3−2 et calculer f(1) et f(2).
-
Prouver la continuité sur [1,2] et la stricte croissance par la dérivée.
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À chaque itération, calculer le milieu, son signe, puis conserver le sous-intervalle adéquat.
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Arrêter lorsque la longueur est au plus 10−3 et prendre le milieu comme approximation.
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Comparer l’approximation à 21/3 via le résidu et rédiger les hypothèses, calculs et limites.
Livrables attendus
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Une fiche de calcul avec tableau des intervalles, milieux, signes et longueurs.
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Un court texte de preuve (existence, unicité, critère d’arrêt).
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Un script facultatif de dix lignes ou un calcul manuel reproductible, accompagné d’un contrôle du résidu.
Critères d’évaluation
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Exactitude des signes et des intervalles : 30 %.
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Justification des théorèmes et de leurs hypothèses : 25 %.
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Respect de la tolérance et vérification numérique : 25 %.
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Clarté, reproductibilité et distinction erreur/résidu : 20 %.
Piste de résolution
On part de [1,2], car f(1)<0<f(2), et f′(x)>0 pour x>0. La racine est donc unique. La dichotomie conserve le changement de signe ; après k étapes, la longueur vaut 1/2k. Pour une longueur au plus 10−3, k=10 suffit car 1/1024<10−3. Le milieu final fournit une erreur absolue au plus 5imes10−4 par rapport à la racine.
Sujets originaux d’entraînement (non officiels)
Préparation originale — sujet normal d’Analyse 1
Sujet d’entraînement original, non officiel : il ne s’agit jamais d’une épreuve d’une année passée ni d’un document institutionnel. Toute rédaction doit justifier les théorèmes utilisés.
Exercice 1
Soit A={1−1/n:n≥1}. Déterminer infA, supA, et préciser si ces bornes sont atteintes.
Correction : Les termes valent 0,1/2,2/3,… et sont croissants. Ils sont majorés par 1, donc supA=1. Aucun terme ne vaut 1, donc le supremum n’est pas atteint. Le premier terme vaut 0, qui est l’infimum et le minimum.
Exercice 2
Montrer que un=(n+(−1)n)/(n+1) converge et calculer sa limite.
Correction : On écrit un=n/(n+1)+(−1)n/(n+1). Le premier terme tend vers 1. Pour le second, sa valeur absolue est 1/(n+1)→0, donc il tend vers 0 par encadrement. La somme tend vers 1. L’oscillation du numérateur est absorbée par le dénominateur croissant.
Exercice 3
Étudier l’existence d’une solution de lnx+x=1 sur [1/2,1], puis discuter son unicité.
Correction : La fonction g(x)=lnx+x−1 est continue sur [1/2,1]. On a g(1/2)=1/2−1−ln2<0 et g(1)=0, donc x=1 est une solution et le théorème garantit au moins une solution. De plus g′(x)=1/x+1>0 sur l’intervalle : g est strictement croissante, donc cette solution est unique.
Préparation originale — sujet de rattrapage d’Analyse 1
Sujet d’entraînement original, non officiel : il ne s’agit jamais d’une épreuve d’une année passée ni d’un document institutionnel. Les résultats numériques doivent être accompagnés d’arguments exacts.
Exercice 1
Prouver par la définition que un=4−3/n converge vers 4.
Correction : Soit ε>0. Choisir N>3/ε. Si n≥N, alors ∣un−4∣=3/n≤3/N<ε. La condition de convergence est satisfaite, donc un→4.
Exercice 2
Calculer limx→0(1+x−1)/x.
Correction : Pour x=0, on rationalise : x1+x−1=1+x+11. Quand x→0, le dénominateur tend vers 2 ; la limite vaut donc 1/2. Le domaine impose x≥−1, ce qui contient bien un voisinage droit de zéro.
Exercice 3
Soit h(x)=x4−4x+1. Montrer que h possède au moins deux zéros sur [0,2].
Correction : h est un polynôme, donc continue. On calcule h(0)=1>0, h(1)=−2<0 et h(2)=9>0. Le changement de signe sur [0,1] donne un zéro, et celui sur [1,2] en donne un autre. Les intervalles sont disjoints, donc les zéros sont distincts. Aucune unicité n’est affirmée sans étude supplémentaire.
Parcours de révision sur quatre semaines
Semaine 1 · Réels, intervalles, valeur absolue et bornes
Reprendre les définitions, résoudre dix inégalités, puis rédiger une preuve de supremum et corriger les confusions minimum/supremum. Avant de terminer, reformule les notions sans tes notes, vérifie les résultats dans le cours et note une difficulté précise à reprendre la semaine suivante.
Semaine 2 · Suites et convergence
Classer quinze suites par méthode (calcul, encadrement, monotonie), faire les exercices 2 et 3, puis écrire deux preuves epsilon. Avant de terminer, reformule les notions sans tes notes, vérifie les résultats dans le cours et note une difficulté précise à reprendre la semaine suivante.
Semaine 3 · Limites de fonctions et continuité
Construire une fiche des limites usuelles, traiter quatre formes indéterminées et appliquer deux fois le théorème des valeurs intermédiaires. Avant de terminer, reformule les notions sans tes notes, vérifie les résultats dans le cours et note une difficulté précise à reprendre la semaine suivante.
Semaine 4 · Synthèse et préparation originale
Réaliser le mini-cas, passer un sujet en temps limité, vérifier chaque hypothèse et refaire les questions erronées sans regarder le corrigé. Avant de terminer, reformule les notions sans tes notes, vérifie les résultats dans le cours et note une difficulté précise à reprendre la semaine suivante.